Micro-entreprise ou portage salarial : quel statut pour lancer une activité de formateur en ligne ?

Micro-entreprise ou portage salarial : quel statut pour lancer une activité de formateur en ligne ?

Vous envisagez de vous lancer en tant que formateur en ligne pour la première fois ? Pour rester dans la légalité, votre première action consiste à bien choisir votre statut juridique. Celui-ci aura des conséquences importantes sur l’avenir de votre activité d’indépendant. Autant faire le bon choix !

Pour débuter, la micro-entreprise ou le portage salarial sont deux solutions adéquates. Voici un comparatif pour faire votre choix en toute connaissance de cause.

Note : « micro-entreprise » est la terminologie d’aujourd’hui.  C’est resté dans le langage populaire mais le terme auto-entreprise n’a plus d’existence légale depuis 2015.

Commençons par être clairs à ce sujet dès le début : chaque centime gagné doit être déclaré !
Si votre objectif est de percevoir chaque mois un revenu grâce à votre activité de formation, vous aurez l’obligation de payer des charges sociales sur vos gains et de les déclarer aux impôts.

De cette obligation, découle la nécessité de choisir dans quel cadre juridique vous allez exercer votre activité professionnelle et facturer vos clients. Ce cadre a des implications directes sur votre statut social et fiscal. Vous ne remplirez pas vos obligations de la même manière.

Il existe une multitude de statuts juridiques ayant chacun leurs propres avantages et inconvénients. Le choix doit se faire en fonction de votre situation actuelle et de vos besoins.

Pour démarrer seul(e), tester une idée et démarrer votre activité de façon simplifiée, vous avez le choix entre la micro-entreprise et le portage salarial.

1. Le statut de la micro-entreprise

Que vous soyez étudiant, salarié, chômeur, retraité, ce statut est la solution la plus simple pour démarrer une activité d’indépendant, de façon régulière ou ponctuelle, en minimisant les coûts administratifs.

 

Avantages du statut de la micro-entreprise

La plupart des formateurs en ligne ou en présentiel choisissent ce statut pour démarrer leur activité, et ce pour trois raisons principales :

1. Démarches administratives et tenue d’une comptabilité rudimentaire

En ligne, vous pouvez déclarer votre activité en tant que micro-entrepreneur
De la même manière, vous pouvez arrêter très facilement votre activité par une simple déclaration.

Vos obligations sont réduites au strict minimum :

  • Ouverture d’un compte bancaire dédié aux transactions financières de votre activité ;
  • Tenue d’une comptabilité présentant vos recettes et vos dépenses ;
  • Conservation de vos factures en cas de contrôle.

2. La franchise de TVA accordée à ce statut (jusqu’à un certain seuil)

Le régime fiscal de la micro-entreprise vous permet de facturer vos prestations sans tenir compte de la TVA. Sur chacune de vos factures, doit figurer la mention « TVA non applicable – article 293 B du CGI ». En revanche, vous ne pourrez pas récupérer la TVA sur vos achats.

Cette exonération de TVA impacte vos prix de vente et vous offre la possibilité :

  • Soit d’améliorer votre marge bénéficiaire en incluant l’équivalent du montant de la TVA dans vos prix de vente ;
  • Soit d’améliorer votre compétitivité en baissant vos prix par rapport à la concurrence de l’équivalent du montant de la TVA.

franchise TVAAttention, depuis janvier 2018, ça se complique…

Si vous dépassez 33 200€ ou 35 200€ (pour les prestations de service) de chiffre d’affaires, vous basculerez automatiquement dans le régime de TVA, même si le plafond de chiffre d’affaires permettant de bénéficier du statut micro-entreprise a été rehaussé.

 

3. Démarche simplifiée pour le calcul et paiement des charges sociales

En étant sous le régime micro-social, le montant des charges sociales est calculé en appliquant un taux forfaitaire au chiffre d’affaires réellement encaissé : s’il est nul, il n’y a aucun prélèvement.

En optant pour la Sécurité Sociale des Indépendants (ex-RSI), vous choisissez de régler vos cotisations sociales tous les mois ou tous les trimestres. Le montant de vos cotisations sociales sera de l’ordre de 22% sur votre CA.

 

Inconvénients du statut de la micro-entreprise

L’aspect avantageux de ce statut ne le dispense pas de certains inconvénients majeurs.

1. Le chiffre d’affaires est plafonné

Depuis 2018, vous ne devez pas dépasser 70 000 € (au lieu de 33 200€) de chiffre d’affaires par année calendaire. 70 000€ / 12 = 5833€ /mois

Cette limite reste bien suffisante pour tester une idée et démarrer votre activité. En dessous de ce plafond, vous aurez l’avantage de payer moins de charges qu’avec un autre statut. Pour autant, ce seuil peut être (rapidement) atteint !

Au-dessus de ce nouveau plafond (70 000 €), vous sortez du dispositif du micro-entrepreneur et vous tombez sous le régime de l’entreprise individuelle.

2. Les cotisations sociales sont calculées en fonction du chiffre d’affaires réalisé

Vous aurez obligatoirement à faire face à de nombreuses charges pour développer votre activité de formateur :

  • Des frais de missions (ceux que vous pouvez facturer au client)
    – hébergement, déplacement, repas, frais kilométriques ;
    – dépenses liées à votre formation (matériel, support…).
  • Des frais de fonctionnement (ceux que vous ne pouvez pas facturer à vos clients)
    – des outils de promotion (site web, outils divers…) ;
    – du matériel informatique (ordinateur, imprimantes, logiciels) ;
    – des dépenses de prospection (publicité, commissions sur vente à vos affiliés) ;
    – des dépenses diverses (téléphone, abonnement internet, frais administratifs…).

Jusqu’en 2017, le régime fiscal de la micro-entreprise ne permettant pas de déduire des charges du chiffre d’affaires ni d’amortir du matériel était particulièrement pénalisant.

Le professionnel assujetti à la TVA, en tant que tiers collecteur, doit payer à l’État, la TVA qu’il a encaissée sur ces ventes, sous déduction de la TVA qu’il a lui-même payée sur ses achats professionnels.

Depuis janvier 2018, du moment que vous dépassez le seuil de la franchise de TVA, vous allez pouvoir récupérer la TVA sur vos achats. Et bien entendu, vous devrez facturer la TVA à vos clients.

Cette gestion de la TVA va donc devenir bien plus complexe à gérer (frais de gestion à prévoir)…
Un micro-entrepreneur aura tout intérêt à regrouper (dans la mesure du possible) ses achats en fin d’année. Quoi qu’il en soit cette nouveauté va offrir aux micro-entrepreneurs la possibilité de développer leur entreprise dans de bien meilleures conditions.

Note :  le micro-entrepreneur bénéficie du régime micro-fiscal simplifié via le prélèvement forfaitaire libératoire. Il peut donc  payer l’impôt sur son revenu en même temps que ses charges sociales.

3. Le micro-entrepreneur est considéré comme un non-salarié

En tant que non-salarié, vos cotisations sociales vous coûteront bien moins cher que si vous optez pour un autre statut. Néanmoins, vous ne bénéficierez pas des mêmes avantages qu’un statut de salarié :

  • couverture sociale réduite ;
  • droit à la retraite limité ;
  • pas d’assurance chômage.

À partir de janvier 2018, le RSI (Régime Social des Indépendants) va progressivement être confié au régime général pour assurer aux indépendants une meilleure qualité de protection, tout en tenant compte de la spécificité du statut de la micro-entreprise

Il est donc fort probable que les cotisations sociales annuelles du micro-entrepreneur augmenteront. Mais elles devraient rester bien inférieures à celle d’un salarié. Les avantages aussi resteront certainement bien inférieurs.

Mon avis

Le régime de la micro-entreprise  a été créé dans l’objectif d’encourager les entrepreneurs à démarrer une activité professionnelle en simplifiant les procédures de création. Les avantages de ce statut ne doivent pas vous détourner de vos objectifs de croissance.

Si vous pensez ne pas pouvoir dépasser la limite de chiffre d’affaires liée à ce statut pendant votre première année d’activité, choisir la micro-entreprise peut être judicieux. Dans le cas contraire, il est préférable d’opter pour un autre statut tel que celui de l’entreprise individuelle classique ou encore celui de l’E.U.R.L afin de préparer au mieux l’avenir.

Avant de prendre votre décision, prévoyez une stratégie de développement à moyen et long terme.

Maintenant que ce statut vous invite à investir, je vous conseille de ne pas hésiter à le faire, et ce, dès le démarrage de votre activité.
Sans investir dans vos moyens de communication et de prospection, sachez qu’il vous sera plus difficile de développer votre activité, d’être crédible aux yeux de vos prospects et par voie de conséquence de proposer des tarifs suffisamment élevés pour vous rémunérer correctement.

Pour en savoir sur l’auto-entreprise :

Le portage salarial

Tout comme le statut de la micro-entreprise, ce statut offre une alternative à la création d’entreprise et à la prise de risque dans le lancement d’une activité de formateur en ligne.

 

Avantages du portage salarial

En portage salarial, les inconvénients du statut de la micro-entreprise sont transformés en avantages.

1. Aucune limite de chiffre d’affaires

Si vous pensez dépasser la limite prévue par le régime de la micro-entreprise dès la première année d’activité, vous pouvez opter pour ce statut. Notez aussi qu’il est tout à fait possible pour un micro-entrepreneur d’avoir recours au portage salarial pour continuer à facturer une fois la limite de chiffre d’affaires annuel atteinte.

2. Les frais professionnels sont déductibles et récupération de la TVA relative à ces frais.

C’est un avantage face au statut de la micro-entreprise car il n’ y a pas de franchise de TVA. Comme nous l’avons vu, vous aurez inévitablement de nombreuses charges de fonctionnement.

Avec le portage salarial, vous pourrez récupérer la TVA sur tous vos achats mises à part des charges sans TVA (loyers, achats à l’étranger …).

3. Le statut de salarié

Vous bénéficiez de tous les avantages liés au salariat  (retraite, assurances chômage, sécurité sociale, mutuelle et prévoyance).

4. Les formalités et la comptabilité sont gérées par la société de portage

C’est le centre de portage salarial qui se charge de tout : les traitements administratifs, juridiques, fiscaux et comptables liés à votre activité d’indépendant. Vous pouvez ainsi vous concentrer sur le cœur de votre activité (pédagogie et développement commercial) sans vous soucier des tracasseries administratives.

 

Inconvénients du portage salarial

Le portage salarial offre des avantages considérables face à la micro-entreprise en permettant de développer une activité professionnelle tout en conservant la couverture sociale d’un salarié.  Néanmoins, ce statut comporte trois inconvénients majeurs pour un nouvel entrepreneur sur le web.

1. La dépendance

Le fait d’être dépendant d’une autre structure vous empêchera de faire connaître votre entreprise et votre marque, en tant que telles auprès de vos clients. Le portage salarial est en définitive très semblable à une relation salarié / employeur.

portage salarial

C’est bien l’entreprise de portage salarial qui édite une facture à votre / vos client(s) et qui traite en suivant cette facture en salaire. En d’autres termes, dans la très grande majorité des cas, l’entreprise de portage salarial ne pourra pas facturer vos clients via votre moyen de paiement bancaire en ligne.
De plus, il arrive parfois qu’une entreprise de portage salarial refuse des missions si le montant de facturation n’est pas suffisant.

Ceci peut vous empêcher de proposer des offres d’appel à bas coût pour vous faire connaître (auto-formation peu accompagnée…), alors même que c’est une très bonne façon de faire entrer vos clients dans un parcours client progressif.

2. Un champ d’application limité

En d’autres termes, le portage salarial n’est pas réellement adapté à la vente de formations en ligne (qui peuvent être très diversifiées, de l’auto-formation 100% en ligne à la formation blended-learning très accompagnée). Ce statut est plus adapté pour effectuer des prestations de services aux entreprises, comme du consulting.

micro-entreprise vs portage salarialLes prestations doivent être destinées à des professionnels uniquement, car une entreprise de portage salarial ne peut pas légalement contractualiser avec des particuliers. Or il peut être problématique pour vous de vous couper d’une demande de particuliers.

 

3. Le coût

L’inconvénient majeur du portage salarial est son coût :

  • Les frais de gestion (5 à 10% du chiffre d’affaires selon les sociétés de portage) ;
  • Les charges patronales et salariales liées au statut de salarié.

micro-entreprise ou portageEn soustrayant ces coûts, votre rémunération nette sera inférieure à 50% du montant HT facturé à votre client.

Avec le portage salarial, votre revenu net mensuel sera donc bien inférieur à ce que vous auriez pu obtenir sous le statut de la micro-entreprise.

 

Mon avis

Pour proposer des formations en ligne diversifiées et travailler aussi bien avec des particuliers que des entreprises, nous vous conseillons plutôt de vous orienter vers le statut de la micro-entreprise. Le portage salarial ne s’adresse pas aux porteurs de projet qui veulent dès le départ de leur activité construire leur propre structure.

Si vous êtes déjà en portage salarial pour des missions de consulting par exemple, nous vous conseillons d’utiliser le statut de la micro-entreprise comme solution de développement d’activité. Ainsi, vous aurez toute l’indépendance souhaitée pour vendre vos formations en ligne à tout type de clients.

Même si le statut de salarié apporte une protection plus importante, il ne faut pas oublier que lors d’un démarrage d’activité, chaque centime économisé est important. Pour améliorer votre protection sociale, vous pouvez toujours faire appel à des assurances privées lorsque votre micro-entreprise prendra son envol.

Des articles sur la micro-entreprise et sur le portage salarial, il en existe des centaines…

Dans celui-ci, l’objectif était de vous démontrer que la micro-entreprise concurrence sur bien des points le portage salarial tout en mettant l’accent sur le fait que le portage salarial n’est pas réellement adapté aux formateurs en ligne.

La micro-entreprise permet d’être autonome. Ainsi vous pourrez vous consacrer pleinement à votre activité de formateur 2.0.

Que préférez-vous :

  • Bénéficier de la protection du salariat, tout en acceptant une restriction de votre activité et une dilution de votre image de marque ?
  • Assumer votre indépendance sans la protection du salariat, mais en préservant votre liberté commerciale et votre identité de marque ?

A lire : choisissez un statut juridique à la hauteur de vos ambitions

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